29.1.10

Les soldes in Pariss

Ils en sont fiers les parisiens de leurs grand magasins dans lesquels on trouve tout dedans. On n’oublie pas de nous montrer les images à la télévision, on nous en donne des idées de rêve, comme si tout y était possible. Version conte de Walt Disney. On en fini même par se dire que, vraiment, il faudra qu’à notre tour on puisse le faire, nous, provinciaux. « Non mais les soldes à Paris quoi ! », où comment avoir la classe intergalactique dans le sud.
Mais ce qu’on ne dit pas, ce qu’on cache sous les paillettes, c’est que faire les soldes à Paris relève d’une mission du plus haut degré de dangerosité. En trois heures dans les magasins, tu risques dix fois de mourir étouffé, tu prends quinze coups de talons aiguille dans les tibias, quand tu te fais pas marcher sur les pieds. Tu n’es qu’un grain de sable de la plage de la Grande Motte : écrasé, remué, maltraité par tout un chacun.
Tu vides ton compte bancaire au travers de ta carte bleue pour des choses dont tu n’as pas besoin mais certes, cette robe tu l’as eue à dis euros au lieu de trente-cinq. Et tu la mettras au moins une fois dans ta vie, à la prochaine réunion de famille tien.
Et puis zut, il manque les chaussures pour aller avec, et puis une veste, un pull ou un caraco. Un truc qui te tiendrait un peu chaud. Et puis il faut aussi le soutien-gorge qui va magnifiquement aller avec ; même si les gent ne le verront pas. Oui, mais on le sait bien, une femme dans de beaux dessous est une femme sûre d’elle. Et dans les réunions de famille, c’est nécessaire…
Toutes les raisons sont bonnes pour aller faire les soldes, même les plus loufoques qui vont chercher loin dans ton esprit de fille qu’un mâle à du mal à comprendre….Oui mais tout ça, c’est pour lui plaire.

Parce que oui, au final, c’est pour eux, les hommes, qu’on va toutes s’entretuer dans nos magasins préférés. Toutes au même moment pour finir par toutes porter la même chose en criant notre unicité sur tous les toits. C’est pour eux qu’on se crêpe le chignon, qu’on se rentre dedans, qu’on ne peut même plus marcher sur les trottoirs, qu’on a les pieds meurtris d’avoir trop piétinés sur nos talons de quinze centimètres qu’on sort même pour aller faire les magasins alors qu’on sait très bien qu’on va mourir dessus au bout de deux heures de file d’attente pour aller essayer la dernière trouvaille du jour. Oui, mais tout ça à Paris.

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